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2014年4月30日水曜日

Réformer mon utilisation des réseaux sociaux



C'est le fruit d'une longue réflexion, mais j'ai fini par en arriver à la conclusion qu'il était temps pour moi de réformer un peu mon utilisation des réseaux sociaux. Ou, du moins, d'expliquer un peu ce que je pense en faire à partir de maintenant.
Utiliser les réseaux sociaux, quand on ne travaille pas avec de façon systématique, et sans nécessité d'un objectif commercial, surtout quand on n'aime pas particulièrement, comme moi, la petite conversation sur le temps ou le dernier album de Justin Direction, c'est une tâche très difficile. D'autant plus quand ses activités quotidiennes n'impliquent pas de passer son temps sur ses machines ou son smartphone pour "le travail".
Bref, j'ai décidé de me réformer un peu, et voilà comment.

FACEBOOK

Il y a plusieurs écoles (bien sûr, bien sûr, tout ce qu'il y au milieu aussi) : ceux qui pensent que Facebook est une plateforme pour rester en contact avec ses amis dans une ambiance légère et détendue, et ceux qui pensent qu'il s'agit d'une plateforme militante, pour partager des articles, des opinions et autres trolleries.
Je ne me cache pas appartenir aux deux : je suis autant là pour rester en contact et me détendre un peu, que pour mes activités de troll (puisque c'est ainsi qu'il convient d'appeler ce qui vise à faire réfléchir les gens en partageant des articles ou des opinions avec lesquels ils risquent de ne pas être d'accord).
Mais... Il me semble que ce n'est pas une très bonne idée. Certains se sentent visés par les propos des articles (qui, ensuite, me sont attribués) ou entrent dans des débats où ils ne sont pas forcément bien reçus. Ce n'est pas ce que je veux, surtout si cela amène les gens à avoir une mauvaise opinion de "mon profil".
J'en suis donc arrivé à la conclusion qu'il fallait diviser le tout. Désormais, je partagerai ou réagirai sur FB de façon peu militante (ou je ne tirerai pas le premier), et considérerai qu'il s'agit d'une plateforme d'amitié.
(Promis, j'essaie de ne pas partager de photos de bouffe).

... Mais je ne peux pas complètement ignorer ma nature de citoyen-milicien-grande-gueule (oui, oui, pendant quelques années, j'ai même été un élu). Mon côté suisse romand, sans doute, qui prend très au sérieux son rôle d'organe officiel et souverain du pouvoir législatif à part entière, pièce - petite, mais pièce quand même - des politiques du pouvoir démocratique. Son compter mes aspirations personnelles, qui ne sont rien de moins que l'établissement du règne de la démocratie directe - liquide ou non - et autres opinions absurdes (comme la culture libre, le libéralisme de gauche, la sociocratie, sociétés horizontales et autres idioties).

Pour ça, une toute nouvelle plateforme :

SCOOP.IT

Cette plateforme me permettra de partager des articles dans un seul endroit, sans que celui-ci soit Facebook. Bien sûr, les articles seront partagés sur mon compte, mais il faudra sortir pour aller les lire : si vous réagissez, vous le faites en votre âme et conscience, je ne vous aurez pas lancé de front un débat sur la figure. Ce sera toujours du troll, mais qui se voit de loin. Rien ni personne ne vous obligera à aller vérifier si ses baffes font mal.

Je ferai mon possible pour ne pas répondre aux commentaires liés à ces articles sur FB, mais je ne suis pas censeur, je ne passerai pas derrière vous pour tout effacer non plus.

Ma toute nouvelle adresse Scoop.it : Trollibre


TWITTER

Honnêtement, je ne sais pas comment utiliser cette plateforme... Elle me semble profondément chaotique et instable et je ne parviens pas à en tirer des informations correctes, mais je vais continuer à l'utiliser de façon passive, en postant quelques trucs "dans l'instant", essentiellement orientés sur mes activités de traduction ou en rapport avec le Japon, en français, japonais ou anglais. Et si quelqu'un peut me former sur un bon usage de Twitter, je suis preneur.

Mon adresse Twitter : Darthremora

LINKEDIN

Mmh... Celui-là m'ennuie.
Je l'utilise comme ça mais... Je ne sais pas trop si ça sert à quelque chose. Si quelqu'un pense que cette plateforme est vraiment indispensable, s'il a trouvé le job de ses rêves en l'utilisant, qu'il m'en fasse part. En attendant, je me contenterai de mettre mon profil à jour de temps en temps.


CE BLOG

"L'Ours" n'est pas très actif, mais il sert de temps en temps. Pour tout et n'importe quoi. Je ne suis pas vraiment blogueur, ni journaliste, donc je ne me sens pas obligé de balancer mes opinions ou mes idées sur la ouèbe à chaque fois que j'en ai, mais je devrais m'y essayer plus souvent. Quoi qu'il en soit, il reste par là. Sous ce nom ou un autre.

MON BLOG PRO


"Le Japon fantastique en traduction" n'est plus actif depuis quelques mois. La raison en est essentiellement que je n'aime pas du tout la plateforme Over-Blog, que je n'ai pas vraiment de contenu intéressant à partager, et qu'il n'a pas l'impact que je souhaiterais. Je compte prochainement le changer d'adresse (et acquérir éventuellement un nom de domaine, lié également à d'autres projets encore secrets et très éventuels que je pourrais avoir).
Mais je ne trouve pas de bon programme, open-source et gratuit, qui me permette de créer un blog TRES facilement (j'insiste, je n'ai que très peu de notions d'informatique professionnelles non liées au texte, ni le temps de programmer avec le peu que je connais du html). Si vous êtes de vieux briscards du blog joli et vite fait, je suis preneur.


TUMBLR

Bon, cette plateforme est facile à utiliser et à compartimenter. C'est la seule que je compte utiliser pour partager des photos, parce que j'en prends peu et que je n'ai ni l’œil, ni de véritable intérêt pour la photo.


Il y en aura probablement au moins un autre prochainement, sans doute pour davantage profiter de la fonction de reblog et partager des illustrations que j'apprécie.

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Voilà pour l'instant.
L'essentiel à retenir est que je vais faire attention à réformer mon usage de Facebook (et tenter d'être plus actif de façon générale), puisque cela me semble important de ne pas donner l'impression à certains de mes amis que mon profil est une attaque frontale perpétuelle.
Parce que croyez-le ou pas, je vous aime tous très fort. Jeune, moins jeunes, sans emploi, avec emploi, hauts placés dans la fonction publique, ceux qui ont publié avant moi, tous, je vous dis.

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Image : Sofiapereosa

2013年11月7日木曜日

Il est où le libéralisme ?

Depuis quelques temps, je me pose pas mal de questions sur le libéralisme - en général, en temps qu'idéal politique, économique et social.
Si ne cache pas mon côté libertaire et anarchiste, qui me suit depuis plus ou moins toujours, et qui, (n'en déplaise à certains,) est le fruit d'une longue, lente et profonde réflexion, je suis toujours mal à l'aise (voire même carrément amusé, parfois), quand je lis ou entends certaines personnes se réclamer du libéralisme ou proclamer défendre la liberté.

Je fus membre et militant, et c'est mon regret, malheureusement, du parti qui défend la social-démocratie en Suisse (pour ne pas citer son nom). Je l'ai fui après quelques années de bons et loyaux services en réalisant, de l'intérieur, à quel point la tendance générale de la social-démocratie est anti-libérale, liberticide et place les jalons d'une société dans laquelle "la justice sociale" peut aller jusqu'à définir une "normalité" à défendre contre une "anormalité" à cacher ou combattre (ce qu'on appelle, en terme courant, la censure). Ce n'est pas nouveau, la social-démocratie est conservatrice, même si elle n'est pas toujours réactionnaire, et considère que les gens doivent être protégés "pour leur bien".
Ce qui est plus étrange, ce sont les "libéraux" de droite, en revanche, qui n'ont plus rien de libéral que le système économique qu'ils défendent. Ils se placent eux aussi, mais d'une façon subtilement différente, en gardiens de la moralité, des "valeurs traditionnelles" (la famille, le travail, l'argent, la droiture, l'armée...) et sont sans doute parmi les plus conservateurs si on ne compte pas les tendances ultras. Et puis le système capitaliste "libéral" est, depuis pas loin de deux siècles, garant, moteur et allié des états, en particulier dans leurs vocations impérialistes et colonialistes (physiquement ou culturellement).
Bizarrement tout le monde le sait et personne ne le dit jamais, mais le capitalisme est sans doute l'essence même du conservatisme "républicain".

Il y a les libertariens aussi, qui sont des sacrés rigolos.
Ça ne mérite pas que j'en dise plus que : que penser d'individus qui prônent une liberté totale parce qu'ils veulent avoir le droit de librement prôner les idées les plus extrémistes et les plus réactionnaires ? De gens qui veulent avoir le droit de ne rien donner simplement parce qu'ils ne veulent rien donner à personne ? (Sans compter de leur obsession permanente de leur argent et de leur propriété).

Du coup je me demande,  y a-t-il encore des tendances qui défendent vraiment la liberté individuelle, sous un angle véritablement humaniste (donc la liberté individuelle en accord avec la liberté de la communauté) ? Un libéralisme qui défende le droit à chacun de choisir son système de droits et de devoirs, son système économique, sans contrainte et pour le bien de chacun et pour le bien de tous ?
Y a-t-il quelque part des "vrais" libéraux, c'est-à-dire des libéraux de gauche, radicalement opposés à la fois aux patriarcat des non-idées réactionnaires et moralisantes de la "droite traditionnelle" et à la fois au matriarcat des idées-mamelles socialistes ?

2013年9月26日木曜日

Mes jeux interdits I

Depuis quelques temps circulent sur les réseaux sociaux des listes qui invitent chacun à déterminer à combien « des 100 meilleurs jeux vidéo » il aurait joué, et chacun de participer avec joie en essayant d’atteindre le plus haut score possible.
Mais sans compter que ces listes sont fortement subjectives (elles pourraient être au moins basées sur les ventes, sur les sondages Famitsu, etc.), avoir un bon score pour moi est plutôt la marque d’une consommation aveugle, perpétuelle, d’un marché qui ne cesse de me montrer tous les jours à quel point il est encore jeune et immature. Parce que avoir joué à 90 (ou 110 !) des « 100 jeux » de cette liste, ce n’est pas la marque du gamer, c’est la preuve soit que la personne en question est journaliste, soit qu’elle ne consomme pas des jeux vidéo, mais du jeu vidéo. Or, ce n’est pas mon cas, et de nombreux jeux me sont interdits, comme beaucoup le seront à d’autres dans 50 ans, quand le monde vidéo-ludique aura enfin un peu d’histoire et qu’il aura acquis une certaine forme de maturité (pour autant qu’on puisse parler de « maturité » dans le monde des loisirs).
Je vais m’expliquer.

Une industrie jeune
De tous les marchés des loisirs, « l’industrie » du jeu vidéo est sans doute la plus jeune. Plus jeune que la télé, encore plus jeune que le cinéma et ridicule embryon face au vénérable marché de l’imprimerie. Et j’en veux pour preuve que contrairement aux autres marchés, le jeu vidéo commence seulement maintenant (enfin !) le passage des générations. Les enfants qui naissent de nos jours (et depuis pas plus d’une petite décennie) ont de bonne chance d’avoir des parents gamers, mais ceux qui ont plus de 40 ans aujourd’hui sont, on peut sûrement le dire, en grande majorité complètement ignorants du monde du jeu vidéo, ce qui explique certainement en partie pourquoi on parle tellement de la violence dans lesdits jeux, de la censure, des notations PEGI, CERO, etc.
Parle-t-on au niveau politique de la violence au cinéma ? Très peu. Dans les livres ? Jamais, ou alors seulement si elle appelle au génocide des Juifs (alors que paradoxalement, vous remarquerez que tuer des Arabes dans des jeux vidéo, c’est encore considéré comme cool).
Bref, cette « industrie » est tellement jeune qu’il n’y a qu’une « industrie », justement. Une grosse et une petite, mais une « industrie » quand même. Il n’y a pas encore (pas de façon marquante et conséquente, je veux dire) un « artisanat » du jeu vidéo, qui soit artistique et sans logique de profit… Et qui devienne universellement reconnu quand même. Pourtant, il y a des écrivains qui deviennent mondialement connus sans même trouver d’éditeur et des vidéos fabriquées sans crowfunding, sans chaîne de télé et sans salaire qui reçoivent une renommée internationale via Youtube, ou même sans.
Pourquoi pas dans les jeux vidéo ? Je pense que vous avez compris.

Le Moyen-âge du jeu vidéo
Nous sommes donc au Moyen-âge du jeu vidéo. Il existe déjà, est bien lancé sur ses bases, mais est encore le ressort d’un « clergé » qui détient tous les outils et tous les moyens pour le produire. Sous le regard critique, bien sûr, mais bienveillant aussi, des souverains et de leurs sujets.
Nous sommes donc, sur le plan de l’Histoire du jeu vidéo, à l’époque des bûchers et des presses royales. On brûle ce qui ne nous convient pas et les presses appartiennent à quelques puissants qui choisissent qui, quoi, comment et pour combien. Non pas qu’à l’époque actuelle ce soit quelque chose que nous ayons choisi consciemment, c’est simplement que le « média » jeu vidéo, en l’état, n’existe pas (encore) hors de la logique de profit, de consommation et de marché, contrairement aux autres vecteurs de loisirs. Après tout on peut passer sa vie à – légalement – lire des ouvrages libres de droits ou regarder des films gratuitement (encore que – si on reste dans le légal – cela ne permette peut-être pas de briller en société). Pour le jeu vidéo, bernique. Le free-to-play n’est pas un jeu gratuit, bien au contraire, il correspond à une logique payante de profit encore plus marquée que pour les autres jeux vidéo.
Ce n’est pas une critique acide que je fais ici, mais un état de fait. L’Histoire avance, et le jeu vidéo aussi. Dans 50 ans (sous réserve de fin du monde), les jeux occuperont dans la société (j’espère), la politique, les mœurs, les livres d’école, la même place que la littérature, le cinéma ou la musique. C’est juste que ce n’est pas encore le cas aujourd’hui.
Et ce sera un beau jour que celui où, entre amis, on ne parlera plus du jeu vidéo, mais d’un auteur de jeu vidéo, d’un style ou d’un éditeur. Quand les jeux vidéo auront pris dans l’inconscient collectif leur place à côté des livres et des séries.
Quand on ne sera plus pris pour un ignorant ou un débile quand on dira qu’on joue essentiellement à de la fantasy et de la SF, mais pas à la guerre, aux voitures ou au sport.

Il n’y a pas de jeu vidéo
Il n’y a pas de jeu vidéo, et c’est mon combat. Dans une industrie naissante, on peut se permettre de parler « des meilleurs », mais dans une industrie mature cela n’a pas de sens. Pas si on a des goûts et des envies un tant soit peu construites.
J’ai rarement vu une liste « des 100 meilleurs livres » qui propose autre chose que des romans internationalement reconnus et facilement disponibles. C’est certes encore bien trop vaste pour moi, mais la sélection est déjà énorme. Le nombre de livres qui peuvent faire partie d’une liste sur ces seuls critères est extrêmement réduit. Or les listes de jeu vidéo que j’ai vues ces derniers temps sont bien loin de tout cela : on trouve dans la même liste des jeux quasiment introuvables depuis 20 ans, de vieux RPG japonais, des jeux sortis dans l’année qui n’ont pas encore fait leurs preuves, des casses-briques, des jeux de plate-forme et le tout sur pas loin de 15 (?) machines différentes (ceux qui font les listes sont donc soit journalistes, soit gosses de riches, soit pirates, je ne vois pas d’autres explications).
Vous imaginez une liste des « 100 meilleurs livres » qui proposerait tout à la fois le Seigneur des Anneaux, les Œuvres de Bakounine[1], la Véritable histoire de Ah Q (Lu Xun), le Kojiki, le Code napoléon et Heidi (Johanna Spyri), comme ça, en vrac ? Franchement, à qui ça paraîtrait pertinent ? (Et qui d’entre vous peut prétendre connaître chacune de ces seulement 6 œuvres ?)
Oui on peut parler des « meilleurs romans », des « meilleurs œuvres politiques », des « meilleurs sagas de fantasy », mais établir un panthéon des « meilleurs livres » ce serait prétentieux et une occasion pour celui qui fait la liste de montrer à quel point il sait étaler des connaissances qu’il n’a pas.
En partant de là, donc, je peux le dire, je n’aime pas le jeu vidéo. J’aime certains genres, certains styles, certains auteurs. Exactement comme pour les livres. Exactement comme pour les films ou les séries. Exactement comme pour les jdr.

J’attends donc pour « jouer le jeu », le moment où on reconnaîtra, dans la communauté du jeu vidéo, que c'est simplement un média, et que, du coup, on peut y faire son libre choix entre des « courants », des « styles » et des « genres ». On le peut déjà bien sûr, mais on peut difficilement se faire accepter en tant que gamer dans ces conditions, pas dans un milieu geek qui, lui-même, manque encore d'une certaine maturité.
Après tout, je reconnais bien que les fans de Bit-lit peuvent aussi être des geeks, même si je n’en lis pas (et n’en lirai pas) moi-même.
Mais tant qu’on considérera normal, si on veut être gamer, de jouer à GTA5 après avoir fini Skyrim, le tout entrecoupé de parties de FIFA et de Idol Master comme si de rien était, non.
Je ne regarde pas le foot, ni Top Models (Amour, Gloire et Beauté), même pour patienter entre Game of Thrones et Dexter. Pourquoi ça changerait quand je joue ?




[1] « La propriété, c’est le vol. »
L'image est libre de droits.

2013年3月1日金曜日

Sur nos monts quand coule le sang...

Dans le registre "Choc culturel", j'ai un tiroir plein de trucs. Après tout j'ai tiré deux ans et demi de vie japonaise (avec une compréhension plus ou moins parfaite de toutes les réflexions possibles des gens du cru) et voilà plus d'un an maintenant que, moi, petit Suisse de la campagne, je traîne mes pattes dans la plus grande agglomération française.
Les chocs culturels helvético-français, ça ne doit pas être grand-chose, me direz-vous. Et pourtant faut pas déconner, des fois, il y a de quoi tomber des nues tellement ça va loin. Je vous détaillerai certaines de mes découvertes administratives et culturelles un autre jour, mais aujourd'hui j'ai réalisé à quel point, sur le plan musical, la sacrosainte République gauloise gravitait dans une autre Voie lactée que ma campagnarde Helvétie.

Pour ceux qui nagent encore dans le bourbier de ma glose, je parle ici d'hymnes nationaux.
Pas plus tard que tout à l'heure, je me retrouvais chez une de mes jeunes élèves qui avait besoin d'aide pour apprendre cet illustre morceau de poésie qu'est la chanson officielle de l'Etat français, j'ai nommé la douce et paisible Marseillaise.


Soyons honnête, je la connaissais déjà, et je m'étais déjà fait cette réflexion, mais quand même, j'avais failli oublié à quelle point ce morceau n'a juste rien à foutre ici, au XXIème siècle, à part comme torture psychologique pour jeunes élèves qui n'ont rien demandé, et pour bien rappeler à tous que, à chaque fois que les Français doivent être fiers de quelque chose, il faut que ça soit un bain de sang, une tradition barbare ou une action militaire en tout genre (comme chacun le sait, l'armée n'existe que pour promouvoir la paix. Mais avec des morts et de la tripaille, la paix, c'est toujours plus crédible).

Voyez plutôt en quoi consistaient les tourments du jour (que je me suis efforcé d'apprendre en même temps que ma jeune disciple - mouahahahah).

(Je vous passe le refrain, qui appelle à cultiver ses patates en utilisant du sang comme engrais et le premier couplet qui nous explique que la tyrannie vient bien entendu des campagnes).

Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (bis)
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !


Je traduis donc : la Liberté, c'est un truc de mecs, viril, un truc de patriotes qui considèrent la République et l'Etat comme une religion d'Amour ; lequel Amour, bien entendu, sert à acquérir la victoire et la vengeance sur nos ennemis, mais seulement pour nous défendre. Et bien sûr, rien de bien méchant, on veut juste bien montrer à nos ennemis agonisants (voire peut-être même avant de les exécuter pour le fun en masse à la guillotine) qui c'est les patrons.
Je peux vous assurer que l'explication de textes à ma jeune pupille (bon, je vais éviter les synonymes, ça commence à devenir tendancieux) a été une jolie séance de fous rire. Je ne crois pas que la nouvelle génération comprenne la beauté sacrée du patriotisme républicain.

Après ce passage fort poétique, le couplet destiné aux enfants.
"Ouf !" ai-je alors pensé, peut-être s'agira-t-il d'autre chose. Ou pas, finalement.

Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n'y seront plus,
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus (bis)
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre


Le résumé est plus subtil, parce que si les mots sont plus simples, il faut comprendre que carrière, ici, signifie armée (c'était même écrit en toutes lettres dans le manuel).
Donc : nous, les enfants, on deviendra des soldats, et tout ce qu'on voudra, c'est soit faire comme nos vieux, autrement dit crever comme des merdes pour la République, ou venger les vénérables décédés, toujours, je ne puis que supposer, dans une optique de défense légitime.
Jolie leçon de morale pour notre jeunesse. Je suis sûr que, quelque part, il y a des gens qui sauront expliquer en quoi cet hymne n'est pas celui d'une dictature militaire... Mais je pense qu'ils devront affiner leurs arguments longtemps.

Bon, je ne vais pas jouer au con plus longtemps. Ok, je suis d'accord, il y a un contexte, une époque. Mais quand même, cornebizouille, ça se change, ça se réforme un hymne (enfin, je crois malheureusement que parler de réforme politique en France, c'est un peu comme de parler d'intégration des étrangers à un Japonais...). Celui-là a même pourtant été repris par les communistes russes, alors rien n'est sacré, voyez-vous. Au XXIème s. il serait peut-être temps de trouver des paroles un peu plus en rapport avec les volontés pacifistes, unificatrices de la jeune Union Européenne. Je sais pas, je dis ça comme ça, si jamais quelqu'un écoute.

Et puis le contexte, franchement, ça n'excuse rien. Je parle de choc culturel. Vous le connaissez mon hymne national ? Voici le premier couplet :

Sur nos monts quand le soleil
Annonce un brillant réveil,
Et prédit d'un plus beau jour le retour,
Les beautés de la patrie
Parlent à l'âme attendrie ;
Au ciel montent plus joyeux (bis)
Les accents d'un cœur pieux,
Les accents émus d'un cœur pieux.



Et c'est comme ça de bout en bout. Et ça n'est pas beaucoup plus vieux que la Marseillaise, alors on me la fait pas.
C'est un peu naïf et pas mal religieux, très contemplatif, je ne suis pas non plus un fervent fan, mais franchement, il y a des jours où des petits détails comme ça me rappellent la nature même du choc culturel franco-suisse : je viens d'un pays qui fantasme sur ses Alpes et la beauté de ses coteaux, seul dans son coin, et je vis dans un Etat qui n'arrive pas à s'affranchir des fantasmes sanglants et barbares de sa/ses Révolution(s) ratée(s)...

Voilà pour les railleries du jour. A vous !

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2013年1月22日火曜日

Pourquoi je suis partisan du mariage homo

Depuis quelques mois, dans les rues, les cafés, les soirées et sur la Toile, la question du mariage homo déchaîne la passion, dévoilant, souvent sans subtilité, le pire et le meilleur chez nos compatriotes français. Lassé de me battre contre les chantres du conservatisme qui peinent à cacher leur volonté de prendre le droit de choisir comment autrui doit mener sa vie et de nous montrer comment la Loi est là pour imposer et non arbitrer, je pense qu'il est temps pour moi, qui ne suis ni juriste, ni idéologue, d'expliquer pourquoi je milite, de toutes mes forces, pour ce progrès social et socialiste.



  • Parce que je vis dans le monde réel

Je passe mon temps avec de nombreuses personnes, travaille au contact de nombreuses familles, dans un endroit de France par ailleurs plutôt aisé et conservateur... Et pourtant.
L'homosexualité est une réalité que plus personne ne conteste. Cela est reconnu par tous : la loi, la politique,  la médecine... Si certains conservateurs intégristes - et les quelques militants marxisants qui s'imaginent faire une bonne action en retrouvant les racines de leur morale catholique - pensent encore qu'on peut débarrasser le monde du péché homosexuel, tout, dans les institutions est heureusement déjà contre eux. Cela s'appelle le progrès, et le progrès est une composante, aujourd'hui, de la réalité dans laquelle nous vivons, pour ne pas dire une nécessité.
Si un père frappe son fils homosexuel, il s'expose, et c'est heureux, à une peine de prison.
Si une mère séquestre sa fille lesbienne, elle s'expose à une peine de prison, et c'est normal.
Alors comment justifier l'exclusion si plus rien dans la société ne le permet ?
A mon sens, aucun argument valable sur cette question ne peut se passer de la haine, de la volonté d'exclusion ou de réduction au silence ("tuer" socialement les homosexuels).

  • Parce que je ne fais pas souffrir autrui

J'entends souvent, de façon amusante, les opposants au mariage homosexuel invoquer leurs "amis homos". Bien sûr. Mais il s'avère que moi aussi, partisan, j'en ai. Et sans doute en ai-je plus et les connaissé-je mieux qu'ils ne connaîtront jamais les leurs.
Je sais que la souffrance est quotidienne pour les homosexuels, que les attaques sont incessantes et qu'il ne s'agit pas seulement du fait d'être reconnu comme différent. Certains se permettent de parler des homos comme on parle "de l'Immigré" (agitateur à la botte du pouvoir, promoteur du maléfique Etat libéral, pécheur devant l’Éternel ..) le tout, bien entendu enrobé d'un vocabulaire qui ne laisse aucun doute sur sa finalité d'exclusion, de conformisation et, plus souvent qu'on ne le croit, de haine à peine voilée sous des arguments mystique, voire pseudo-médicaux.
Moi je ne fais pas souffrir mes amis volontairement, je ne mets pas une classe sociale entière au ban de la société sous prétexte qu'ils ont choisi un mode de vie différent.
Et croyez-moi, un papa, une maman, ce n'est pas toujours la meilleure solution... Ce sont les vertus et les qualités humaines qui caractérisent une personne, pas le sexe de ses parents ou son orientation sexuelle.

  • Parce que je me fiche de ce que font les autres

La différence fondamentale entre conservatisme et progressisme tient avant tout dans la volonté du premier de vouloir établir un "standard" qu'on doit être tenu de respecter, dans lequel on frappe le clou qui dépasse, alors que le second met en avant l'émancipation personnelle et la possibilité de s'établir en tant qu'individu hors d'une idéologie préétablie. C'est en tous cas la direction qui a été prise, petit à petit, dans le courant des trois derniers siècles de l'Histoire européenne. Certains crieront - atroce ! - au libéralisme, mais il s'agit simplement de l'émancipation progressive de l'être humain de ses esclavages mentaux, communautaires et sociaux.
Tout le monde admet qu'espionner ses voisins, c'est une mauvaise chose. Que médire est une faute de goût. Et pourtant, on irait vérifier quelle union sociale ses voisins tissent ? Par quel contrat des homos qui s'aiment décident de s'unir ? Décidément, certains ne comprennent pas que l'effraction, ce n'est pas seulement défoncer une porte : les homos peuvent se marier s'ils le veulent, c'est leur choix et leur fardeau, que les autres aillent se faire foutre, parce que ce n'est pas leur problème - qu'on se le dise.
Si vous pensez que décider pour les autres reste plus important, c'est d'un psychiatre dont vous avez besoin.

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Certains m'avanceront que le mariage est un sacrement religieux, qu'il est un serment devant Dieu... Oui, mais, selon la Loi, Dieu n'existe pas et la religion n'a plus son mot à dire dans nos pays. C'est normal, et c'est très bien comme ça. Et que ceux-là se rassurent, Dieu aime tous les hommes, même, et surtout, ceux qui choisissent de jouir du plus grand cadeau qu'Il leur ait jamais fait : le libre-arbitre.


Pour ceux qui veulent découvrir un petit florilège des propos parmi les plus dégoulinants de haine et d'intolérance trouvés çà et là sur Internet, un tumblr a été créé rien que pour les rassembler : manifpashomophobemais.tumblr.com.

Si vous aussi vous voulez montrer votre détermination à lutter contre l'exclusion, l'intégrisme religieux et la haine, vous pouvez nous rejoindre à la Manifestation pour tous le 27 janvier 2013. J'irai même s'il neige !
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Photo de Philippe Leroyer, sous Licence Creative Commons. Attribution, pas de modification ni d'utilisation commerciale.

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