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2014年5月7日水曜日

Le JDR en format poche

Ce qu'il y a de bien au Japon, c'est que le milieu des jeux de rôles est assez facile à comparer à notre sphère francophone : c'est un monde de niche, peuplé de joueurs passionnés, meneurs passionnés, auteurs passionnés, éditeurs toujours en danger, dominé par les Grands Frères Américains - Donjons & Dragons, Call of Cthulhu, Shadowrun... Mais également par des productions locales de qualité, sans cesse renouvelées, avec quelques "anciens" qui restent en course malgré le poids des ans.
Il y a une chose, cependant, qui est rare (si jamais elle existe) dans le milieu de l'édition rôliste francophone, et qui connaît un vif succès au Japon : le jdr au format poche. (Et c'est dire : le bunko, livre de poche japonais, et encore plus petit et plus compact que le nôtre. Même pas de quoi faire tenir le Seigneur des Anneaux en 3 volumes).
Alors à l'époque, je sais qu'il y avait l’Œil noir, publié il me semble par Folio junior (dans un format identique au illustres Livres dont vous êtes le héros) et un autre (même éditeur, même format) dont j'ai complètement oublié le nom. C'est à peu près tout ce que j'ai vu comme "jdr en poche" sous les contrées de Molière. Et, je précise, je ne parle pas de mooks ou de jdr "plus petits que d'habitude", mais bien "en poche". Format Folio, Milady et tout ça tout ça.

Au Japon, c'est un véritable phénomène, de même qu'une façon de toucher un public (un peu) plus vaste, un coup de marketing peu cher pour l'éditeur (donc moins risqué) et plus attractif pour le lecteur qui n'a pas les moyens de se payer un album en couleur à 96CHF à chaque fois qu'un nouveau jdr sort. Le coup est d'autant plus intelligent qu'il permet d'accompagner les livres de base (en poche) d'une série de suppléments de toutes sortes (compléments de règles, de contexte, etc.) qui, eux, sont des beaux albums en grand format et en couleur... Ceux-ci ne paraissant que si le poche originel est un succès, ce qui le transforme également en subtile étude de marché.
Pour moi, c'est un moyen aussi de garder les jeunes, les précaires et les alternatifs dans le circuit, les albums à souscriptions, les gammes pleines de volumes chers et parfois difficiles à suivre tendent à faire de l'art de la maîtrise rôlistique (non-pirate) un passe-temps fort bourgeois (oui je sais, je sais, c'est ce qu'on est, mais bon).
Cela permet également d'oser un peu plus de choses (en quantité) et de concision (un poche, c'est petit), et de parler directement à l'imagination... Oui, je sais que je ne vais pas me faire des copains, mais un jdr en format poche, c'est un jdr avec peu d'images, et encore, sans couleurs (mais quand même, y a toujours moyen)... Mais est-ce que c'est vraiment un problème ?

Les livres de base des jeux de F.E.A.R (aucun traduit à ma connaissance), une des boîtes qui domine le marché japonais (elle a créé son propre système, rien de moins que le "Standard Roleplaying System"), paraissent sous ce format. Sword World 2.0, du Groupe SNE (non plus), la réponse japonaise à DD, et sans doute LE jdr le plus joué au Japon, est également disponible en... 3 volumes de poche. Non seulement, mais en plus, les volumes sont indépendants : le premier contient tout ce qu'il faut pour jouer et maîtriser les premiers niveaux (monstres, matériel inclus), et les deux suivants augmentent successivement le niveau atteignable par les PJs.

C'est, je pense, un bon moyen, de dynamiser le monde du jdr, d'amener du public vers des nouveaux jeux (après tout, dans une convention, acheter ce bouquin, là, à 96.-, c'est sûrement se priver de l'autre, là-bas, mais en acheter trois à 12.-/pièce...). Surtout en tenant compte du fait que "passer pro", en jdr, niveau pépettes, est rarement une option, ne serait-ce envisageable, dans notre monde microcosmique... Alors oui, ça fait gagner moins. Mais après tout, moins que pas grand-chose...
Cela permettrait également, par exemple, de publier les gagnants du Game Chef, ou d'autres concours du genre, ou des recueils de scénarios pour des jeux au public limité, sans se tâter 3 ans sur la somme à engager ou les risques encourus.
Et puis la publication en epub qui va avec... Et la version CC... C'est même pas plus cher que d'imprimer le jeu soi-même, 8€/12.- !

Je me demande donc, oserons-nous (de nouveau), sous nos latitudes francophones, le jdr au format poche ?

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Image : Le rayon d'occasion des jdr en poche, Yellow Submarine d'Akihabara.

2013年3月7日木曜日

Premier ISBN !

Je ne sais pas si c'est encore la consécration, mais ça y est, aujourd'hui, officiellement, le premier ouvrage dans lequel je suis crédité (en tant que traducteur) paraît.
Mille Cercueils, c'est le titre... Et en plus, c'était un travail bénévole pour une association caritative (même si ça nous a pris bien du temps), qui traite des événements terribles survenus au Japon il y a deux ans.
Ce n'est pas très long, et je n'en ai d'ailleurs traduit qu'environ un cinquième (puisqu'on était une bonne poignée à travailler sur le projet, quand même, et qu'en plus on l'a fait de manière bénévole), mais c'est - peut-être - un début de commencement de quelque chose... Et peut-être que grâce à vous, ce sera la consécration (achetez tous les exemplaires que vous voyez, merci).
Si le contenu vous intéresse un peu, j'en parle sur aokifude.

En librairie dès aujourd'hui (le 7 mars 2013), ça c'est un fait (même si j'ai eu droit à mon exemplaire en avant-première), mais il en existe même une version Kindle et Epub (comme quoi les Editions du Seuil ont fait un bon boulot sur ce coup-là !)


Licence Creative Commons Cet article est mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution 3.0 non transposé.

2013年1月11日金曜日

Une plateforme de littérature japonaise... Libre de droits ?

L'idée m'est venue il y a peu (peut-être aussi le fait de recevoir une belle liseuse pour Noël, qui sait) : Et si on se mettait à plusieurs, des traducteurs japono-français (expérimentés ou moins), pour créer une plateforme (un site internet, quoi) qui regrouperait tous les textes libres de droit de la littérature japonaise, mais en français ?
Bien sûr, s'il faut pour cela des traducteurs, motivés et bénévoles, c'est parce qu'il y en a beaucoup qui n'ont pas été traduits et, parmi ceux qui l'ont été, il est peu probable que traducteurs comme éditeurs soient prêts à lâcher ces textes dont la plus value en libraire est bien connue (qui va de pair avec la pauvreté de l'offre, bien entendu).
Mais qu'à cela ne tienne : tout auteur décédé depuis 70 ans ou plus est libre de droit (autre problème : au Japon, comme dans le reste du monde, c'est 50...) : si on n'a pas accès à la traduction... On la fait ! Bref, il s'agit donc de créer le petit frère de Aozora-bunko, mais pour la littérature japonaise traduite en français (et pourquoi pas, éventuellement, dans d'autres langues).
C'est un gros travail, qui devrait regrouper au moins un, mais plusieurs média/informaticiens pour mettre en place ladite plateforme, un ou quelques juristes pour leurs conseils avisés en matière de droits d'auteur et de traduction, et, bien sûr, toute une bande de traducteurs, relecteurs, éditeurs ("metteurs en page") qui soient prêts, bénévolement, à mettre en place ce projet qui mettrait les textes une fois traduits à disposition, et qui les diffuserait aussi sur toutes les plateformes dédiées (Feedbooks, Ebooks libres et gratuits, etc.) et à tout ceux qui le veulent.
Le rêve ultime serait d'obtenir de certains des traducteurs les plus reconnus (ou de leurs héritiers) dans le monde de la japonologie francophone qu'ils lèguent au domaine public certaines de leurs traductions...
Mais ne nous hâtons pas...

Et vous, ça vous parle comment ?
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2013年1月5日土曜日

Andrzej SAPKOWSKI - Le cycle du Sorceleur

Dans les librairies francophones, la fantasy est un dominion absolu du monde anglo-saxon, même si nous avons nos quelques auteurs locaux qui, malgré tout, peinent encore à produire beaucoup, si ce n'est à produire bien...
Alors quelle ne fut pas ma surprise en découvrant, traduit en français, et chez un grand éditeur selon mon cœur, un incroyable cycle de fantasy... polonaise !
Le cycle du Sorceleur (Wiedźmin, dans une VO dont je ne comprends pas le moindre mot), écrit par Andrzej Sapkowski a non seulement été importé intégralement dans notre belle francophonie, mais en plus plus rapidement que chez nos amis anglo-saxons, qui n'ont encore accès qu'à près de la moitié de l'œuvre dans la langue de Shakespeare. Il existe déjà deux adaptations en jeu vidéo (polonaises elles aussi), The Witcher 1 et 2, ainsi qu'un film et une série télé vraisemblablement introuvable. Avec sous-titres dans une langue que je comprends, je suis preneur.

Sorceleur - Lever de rideau en nouvelles


Sorceleur, c'est, pour commencer, deux recueils de nouvelles extrêmement brillantes qui reprennent, à leur façon, sombres, cyniques et humoristiques, certains des contes de notre enfance, dans lesquels interviendront inéluctablement Geralt de Riv, dont la profession est celle de chasseur de monstres et autres entités légendaires : c'est un sorceleur.
Brillamment mêlées les unes aux autres, les nouvelles introduisent petit à petit un monde qui navigue entre la fantasy classique directement issu des univers les plus emblématiques du genre, entre Tolkien et Donjons & Dragons, et un univers cruel, sombre et pré-apocalyptique digne des sagas du genre du Trône de Fer et autres avatars de la porn/epic-fantasy. Sapkowski met en place, petit à petit les personnages et les événements qui continueront le cycle et qui nous amèneront loin, cette fois, des nouvelles.

Les deux recueils sont disponibles chez Bragelonne en un volume, chez Milady en deux volumes et dans diverses versions numériques.

Sorceleur - Le cycle



Après les nouvelles, le cycle à proprement parler, qui nous emmène aux quatre coins du monde créé par Sapkowski, et même ailleurs. Nous suivons ici, dans leurs aventures épiques, Geralt de Riv, sa compagne par intermittence, la tumultueuse et passionnée sorcière Yennefer et leur protégée, la mystérieuse Ciri, qui, de petite fille dans les nouvelles, deviendra une adolescente convoitée, puis une femme déterminée et sauvage. Tous ensemble, pris dans la tourmente du destin, ils devront se battre pour s'y arracher ou se résoudre à tout perdre en l'acceptant...
Je ne vous gâcherai pas la surprise de la lecture, et vous laisserai le soin de découvrir les aventures que la fantasy polonaise nous propose. Je vous dirai juste que tout y passe, sans crûment et sans véritable jugement : politique, religion, guerre, adolescence, homosexualité...
Le style narratif de Sapkowski est particulièrement imaginatif, il oscille toujours entre le conte, le roman d'aventures et l'essai historique, ce qui donne à l'ensemble un ton haché, qui vous prendra souvent au ventre :  l'épique se mêle à l'article encyclopédique, et tous deux peuvent sceller, en deux lignes et sans épitaphe, le destin de personnages ou de pans entiers du monde endiablé et mourant de Sapkowski.

S'il y a beaucoup de texte dans ce cycle, tout me semble bon à prendre : commencez par le début et lisez tout.
Le cycle entier est disponible chez Bragelonnechez Milady et en version numérique.

La traduction

Un petit mot sur la traduction, pour terminer... Après tout, c'est mon boulot.
Je ne connais pas du tout le polonais, et serais très très mal placé pour juger quoi que ce fut concernant la qualité de la traduction. L'ensemble français m'a toujours semblé agréable à lire, très peu de coquilles (Bragelonne semble avoir un excellent comité de relecture) et des traducteurs dont on sent la familiarité avec le monde de la fantasy.
Un seul bémol cependant : quatre traducteurs se partagent les œuvres (il se succèdent dans les trois premiers puis la même traductrice prend en charge les 4 derniers), ce qui enlève un peu de constance à l'ensemble et décale plusieurs fois le lexique du tout (au début) ce qui, personnellement, me choque toujours un peu. Mais une fois ce point dépassé, le travail, puis-je le dire, est bon.

Mon verdict : J'ai aimé.
Et vous ?

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Ma première publication bientôt en librairie !


Retrouvez cet article sur mon blog pro !

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Vous vous en souvenez peut-être, mais je vous en ai déjà parlé : "les Cadavres" (遺体), le livre de Kôta Ishii (石井光太), qui a été traduit en collaboration par une poignée de traducteurs, dont votre serviteur, a enfin une date de publication. Il s'agira donc du premier ouvrage publié auquel j'aurai pu participer. Il sera disponible sous le titre Mille cercueils dès le 7 mars 2013 dans toutes les bonnes librairies.
Si j'ai traduit un certain nombre des chapitres de cette ouvrage avec mes collaborateurs, je découvrirai en même temps que vous la version finale, ce qui sera pour moi l'occasion encore une fois de revenir sur le contenu de ce livre particulièrement sordide, mais fascinant, dont la traduction a été une aventure collective pas si simple... Une découverte pour moi dans le monde merveilleux de la traduction : traduire à plusieurs, c'est nettement plus compliqué que de traduire seul, pour des raisons que je détaillerai peut-être un jour dans ces pages.
Si vous voulez soutenir une bonne cause (ce projet étant bénévole, tout l'argent dégagé par l'ouvrage sera reversé à une association caritative japonaise), si voir le travail de jeunes traducteurs franco-japonais ou juste pour me faire plaisir, foncez acheter l'ouvrage dès sa sortie !

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